Deviens ce que tu es
Publié par papaneprechepas dans Uncategorized le août 24, 2011
Le titre n’est pas de moi, il s’agit plutôt d’une citation de Nietzsche. Au premier regard assez paradoxale. Pas d’inquiétudes, il n’est pas dans mon intention de disserter sur ce mot de Nietzsche. Par contre, j’aimerais qu’on parle un peu de toute cette mode d’”être soi-même”, mode qui bien évidement n’épargne pas les enfants.
C’est ce qu’on nous demande, soyez vous-même. De part votre éducation, apprenez à vos enfants à être eux-même. Mais qu’est-ce que ça veut dire au fond tout ça? Deux observations rapides. De 1- les gens qui prêchent ce genre de discours nous disent en mille points comment être nous-même. Ça sent un peu la supercherie non? Soyez vous-même, mais un instant, je vais vous dire comment l’être. Finalement, on ne l’est pas tellement, on ne fait que suivre des indications. On retrouve souvent ce même discours dans les pubs. Soyez vous-même, soyez vrais. Pourtant, on le sait assez bien aujourd’hui, la fonction de la publicité est tout sauf de provoquer l’authenticité. Elle est, bien au contraire, une manière de nous dire quoi acheter, comment être et comment consommer.
De 2-La plupart des gens que je connaisses qui se revendique de savoir très bien qui ils sont, sont probablement dans les gens les plus insécures que j’ai eu le loisir de connaître dans ma vie. Bien entendu, cette image qu’ils dégagent d’eux-mêmes, cette esthétisation de soi est rassurante, mais ce n’est qu’une béquille à l’abîme qui se dresse devant eux, avec l’angoisse qui vient avec.
Dans son livre L’éloge de la fuite, Henri Laborit, biologiste et philosophe français, a des mots très durs. Le fait d’avoir des enfants n’est qu’une simple envie de se prolonger. Ils se devront d’accomplir les rêves que nous avions, de réussir là où nous avons échoués ou simplement de conserver les acquis de nos réussites. Ça me semble assez radical, mais pas tout à fait faux. Il y a une part de vérité qu’on ne peut nier dans les propos de Laborit.
Aujourd’hui, on dit plutôt “mais non, soyez vous-même!”. Vaste programme. Moi je dirais, avec Foucault, plutôt le contraire. Il faut se “déprendre de soi”. Le programme est probablement encore plus vaste. Mais c’est un moment merveilleux de ne plus être soi. De “devenir ce que l’on est” sans jamais ne l’être. Je ne suis pas moi. Ni toi. Ni vous. Ni eux. Je suis.
La solidarité
Publié par papaneprechepas dans Uncategorized le août 16, 2011
Il faut me pardonner mon absence des derniers jours. Quelques problèmes personnels et la page blanche arrive assez vite!
C’est peut-être cliché, mais ce sont dans ces moments que les vrais amis se lèvent. C’est ça, la solidarité. Mais j’aimerais vous entretenir sur celle que je vis quotidiennement.
Je ne vis pas dans un coin de quartier très riche. Pas un ghetto non plus, mais très loin d’être Outremont. J’ai déjà été résident du Plateau, de la Petite Patrie. Et pourtant, je n’ai jamais connu mes voisins comme aujourd’hui. Je n’ai jamais vécu cette grande solidarité de tous les jours. Ma fille en est sûrement la grande raison. Tout le monde a probablement compris ma condition.
Ce soir, une voisine est venue me donner quelques tomates de son jardin. Il y a quelques jours, une autre m’a fait don de concombres, concombres-citron qui plus est. Un aliment à découvrir! Il y a quelques semaines, ma voisine qui me prête un gros ventilateur, question de ne pas trop souffrir de la canicule. Toutes les fois où je vais au dépanneur, le proprio donne un bonbon à ma fille. L’autre jour c’était un chapeau.
Il y aussi Winnie, une jeune fille de hum…je dirais 9-10 ans, qui a offert gracieusement à ma fille des nounours et des jouets. Tout cela me fait apprécier l’humanité malgré tout. Ma fille ne peut jouer cinq minutes toute seule sans que quelqu’un ne vienne la saluer, vienne me demander des nouvelles.
Je ne sais jamais trop quoi dire. Je fais comme ma chère mère m’a dit un jour. “Quand quelqu’un t’offre quelque chose, tu dis merci”. Alors c’est ce que je fais. Je dis merci. Mais ce n’est pas du tout un merci de politesse, c’est un merci qui vient du plus profond de mon coeur. Votre solidarité me touche.
Le bonheur est dans la télé
Publié par papaneprechepas dans Uncategorized le août 8, 2011
Bon bon, avant que vous ne réagissiez férocement à cet article, je serai d’emblée sur la défensive. Oui je le sais, les émissions pour enfants s’adressent à…des enfants. Et il est important de faire la promotion de bonnes et nobles valeurs.
Mais pour ma part, ça m’exaspère. Ma fille est une inconditionnelle de Cornemuse, Carmen Campagne et de Sid le petit scientifique. Dans tous les cas, c’est l’Eldorado. Tout le monde il est beau, il est fin, il est gentil. La famille est parfaite, le père sait tout faire, la mère est heureuse dans ses tâches ménagères, changer une couche est pratiquement le summum de la journée. Bon, il est vrai que Cornemuse était avant-gardiste. On y retrouve une mère monoparentale et plus tard, un couple qui se sépare. Mais bon Dieu que tout se passe bien! Les petits problèmes se règlent en moins de deux. Le temps de l’émission quoi.
Je sais, il est important de faire la promotion des bonnes et nobles valeurs. Mais il n’y pas un Ti-Brin quelque part? De la place pour un bum? Un peu de révolte, d’indécence, d’esprit critique? Je me souviendrai toujours des paroles de cette sage amie: “Comment veux tu qu’on ne soit pas déçu par les hommes? On s’est fait gavé toute notre jeunesse de cette idée du beau prince au cheval blanc et de “ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants”".
En attendant, pour se défouler, on peut toujours se procurer ce bouquin. http://www.guardian.co.uk/books/2011/may/17/go-the-fuck-to-sleep-hit.
Go the fuck to sleep. Des berceuses pas très politiquement correctes. Mais qu’on rêve de chanter en secret. Si jamais vous êtes inscrit sur Youtube, Samuel L. Jackson en fait la lecture. Un pur délice.
30-Love
Publié par papaneprechepas dans Uncategorized le août 5, 2011
Petit point d’info pour les amateurs de tennis. Pour la première fois de son histoire, la Coupe Rodgers diffusera ses matchs sur un écran géant dans le parc Jarry, bien entendu gratuit et accessible à tous et toutes. Cette fin de semaine, des activités pour enfants et des jeux gonflables seront également de la partie. Une belle initiative.
Chose certaine, samedi soir je regarderai le match en dégustant un bon pique-nique. Qui plus est, cela rappellera peut-être des souvenirs à ma fille. Le jour de sa naissance, Andy Murray triomphait lors d’un bel après-midi. J’aurais préféré Nadal, mais bon. Cette année, je mettrais un petit deux sur le Joker…..
L’adaptation
Publié par papaneprechepas dans Uncategorized le août 4, 2011
Lorsque je me suis séparé il y a un an et demi, l’adaptation fut plus ou moins facile. Le côté difficile, c’est le choc de la séparation bien évidement. Et le côté plus facile, c’était au niveau de l’organisation logistique. Je savais changer des couches, préparer les purées, le biberon, cuisiner, etc. Bien entendu il faut s’adapter, trouver des trucs puisqu’on est maintenant seul dans la maison. Mais avec le temps et un esprit au minimum débrouillard, ça se place assez vite. Et mes parents étaient et sont encore très présents, à mon plus grand bonheur et celui de ma fille.
J’imagine que ce n’est pas le cas de tout le monde. Une amie à moi m’expliquait que son chum, père séparé depuis quelques années, ne savait pas comment faire la cuisine lors du fatidique évènement. Alors il s’est mis aux chaudrons et à la popote. Pas le choix. La pizza c’est bien, mais ça tombe un peu sur le coeur après quelques semaines…..et on veut que nos enfants mangent bien, une alimentation équilibrée. Si ma mère devait quitter mon père, ça serait le désastre. Il devrait tout apprendre pour ce qui est des tâches ménagères. Mais bon, ça, c’est peut-être une question de génération.
J’ai l’impression qu’aujourd’hui les pères sont mieux armés. Ils savent cuisiner, faire le ménage, le lavage, s’occuper d’un enfant. Ça explique peut-être l’augmentation des pères monoparentales. Du moins, un peu. Et vous, si vous deviez laisser l’amour de votre vie demain matin, seriez-vous effrayé de vous retrouver seul avec enfant une semaine sur deux? Comment s’est passé l’adaptation? Et vous mesdames, seriez vous en confiance en sachant que votre ex est seul avec votre progéniture?
C’est quand qu’on va où?
Publié par papaneprechepas dans Uncategorized le août 2, 2011
En ce très beau mardi, voici la chanson de la semaine. Une chanson qui provoque chez moi quelques frissons, parfois des larmes. Renaud a son meilleur. Tendre, sensible, poète. Et puis la question est existentielle: explique-moi papa, c’est quand qu’on va où? C’est une question qui me hante bien souvent. Avant même d’avoir un enfant, l’avenir de mon prochain, “même si c’est un beau salaud”, a toujours été dans mes préoccupations. Parfois j’ai l’esprit sombre. L’environnement, le cynisme ambiant, le nihilisme mou de notre époque. Tous ces africains qui meurent de faim. Un crime contre l’humanité, personne ne devrait mourir de faim dans notre monde, c’est une mort atroce, inhumaine.
C’est probablement pour cela que cette chanson de Renaud me touche. Il y a de la révolte, de l’amour, de l’espoir. “La haine ça n’apporte rien, puis elle viendra bien assez tôt”. Parce que malgré tout, il y a les rêves, le ciel bleu, l’amour, le soleil sur notre peau, la tendresse, l’affection, l’amitié. Et pour rien au monde il ne faut laisser le cynisme gagner.
Je ne sais pas, ma fille, où l’on s’en va. J’aimerais bien le savoir, mais je ne sais pas. Et c’est peut-être la beauté de la chose. Pars, découvres, aimes, explores, révoltes toi, mais ne laisse pas cette révolte devenir de la haine. Ton père a failli tomber dans le panneau. C’est facile de l’haïr ce monde, mais c’est surtout futile. Fais fis de l’indifférence et de la médiocrité qui parsème parfois notre époque. À leur laideur, répond par la beauté. La tienne et celle du monde qui t’entoures.
Les doigts croches
Publié par papaneprechepas dans Uncategorized le juillet 29, 2011
J’ai hésité avant de publier cet article. Pour une fin de semaine qui commence, c’est peut-être un peu lourd. Mais bon, j’aurais eu la même réflexion pour un début de semaine, alors allons-y! Il m’est venu sous l’inspiration de deux articles. Le premier sur l’importance de l’espoir chez les enfants, ce que moi j’ai toujours appelé “l’horizon des possibles” (http://www.arrondissement.com/tout-get-document/u4484-sante-mentale-bien-etre-chez-jeunes-quel-role-espoir-joue). Le deuxième sur la fameuse cause génétique du bonheur (http://springpadit.com/psychopium/bookmark/lebonheurunequestiondegnes).
Rien de bien neuf. L’espoir et la confiance en soi sont des éléments importants du développement de l’enfant. Il y a une prédisposition (ou non) génétique au bonheur, mais l’expérience de vie et l’environnement influencent considérablement notre conception de celui-ci et notre manière de le vivre.
Ils sont là, les doigts croches. Comme pour le bonheur, on peut être né avec des mains de virtuose, un talent fou pour le piano. Mais si quelqu’un vous frappe à répétition sur les doigts, la merveilleuse symphonie que l’on pourrait entendre se transforme en cacophonie. L’harmonie fait place au chaos. Je dis pas que tous les gens malheureux se sont faits taper sur les doigts. On a parfois un environnement merveilleux et pour une raison ou une autre, ça vire mal. Mais ceux qui tapent eux, devraient savoir à quel point ce qu’ils font est dommageable, qu’ils hypothèquent une vie qui n’est pas la leur, une vie qui n’a pas encore commencé à s’épanouir.
J’ai été travailleur de rue pendant 4 ans. Des mains croches j’en ai vu plusieurs. Des tuffs, des bad boys. C’est normal, c’est un réflexe humain. Pour se protéger des coups, on met des gants. Ce que j’ai appris cependant, ce que j’ai vu, c’est que derrière la carapace se cache toujours le petit gars ou la petite fille. Vulnérable, fragile, qui attendent seulement qu’on prenne soin d’eux. Ce qu’ils veulent, ce n’est pas le gars qui va leur dire de ne plus prendre de drogue, de mettre un condom quand ils baisent. C’est simplement d’avoir quelqu’un qui croit en eux, pour une fois dans leur vie. Quelqu’un qui leur dira: “je t’aime, tu es beau, bonne, tu mérites quelque chose de bien et tu le feras”. Des mots qui peuvent sembler banals pour plusieurs d’entre nous, mais pour eux, c’est énorme, gigantesque.
Au bas de l’article un extrait de Good Will Hunting. Une grande scène du cinéma américain. Remarquez comme le “tuff guy” s’effondre. Touchant.
On aura frapper et frapper, l’être humain a en lui une force exceptionnelle. Et ce n’est pas parce qu’on ne peut plus être pianiste, qu’on ne peut pas devenir un grand acteur, un grand penseur, un poète, un brillant homme d’affaires ou tout simplement….heureux.
Les passants et les passantes
Publié par papaneprechepas dans Uncategorized le juillet 28, 2011
Vous avez probablement tous vécu cette situation. Je l’ai vécu la semaine dernière alors que je promenais tranquillement ma fille en poussette. Il faisait très chaud et ma fille était pieds nus. Une passante aux airs aigris me regardaient avec des yeux méchants. Peut-être était-ce mes cheveux un peu longs ou ma barbe mal faite. Non non non. “Franchement monsieur vous devriez mettre des souliers à votre fille!”. Et paf, elle continue son chemin comme si de rien était.
J’étais de bonne humeur et relax ce jour-là, sinon je crois que je lui aurais balancé un joli lexique d’insulte. Et à voir la dame en question, je parierais qu’elle n’a pas d’enfant. Enfin, si c’est le cas, c’est le genre de mère marâtre. Vous savez comme ces belles-mères qui ont toujours quelque chose à dire sur la manière dont on élève nos enfants.
Le pire, c’est que ce n’était pas la première fois. Non mais, pour qui se prennent-ils?
Vous avez été nombreux à réagir à l’article “L’instinct brutalisé”. Merci beaucoup et commentez, commentez!!!
Picasso ou Monet?
Publié par papaneprechepas dans Uncategorized le juillet 27, 2011
Petit fait intéressant qui ressort d’une étude publiée dernièrement: les bébés seraient de grands amateurs de Picasso et un peu moins de Monet. C’est ce que nous révèle le site Slate.fr.
http://www.slate.fr/lien/39573/bebes-picasso-monet
Est-ce que cela fait de Picasso un meilleur artiste, si déjà enfant, il vient chercher quelque chose de puissant en nous? Pas vraiment non. Tout se passerait au niveau cognitif:
Picasso utilisait des contrastes vifs et accentués en luminance. Monet, en revanche, utilisait des couleurs équiluminantes pour créer des effets flous et scintillants. Il est possible que les nourissons préfèrent les peintures avec des contrastes clairs de luminance.
En fait, c’est une piste de réflexion puisque rien ne peut dire avec assurance ce qui cause l’amour de Picasso chez les bébés. Par après, les choses peuvent bien changer, les goûts de développant et l’amour de l’art trouvant sa source pour une bonne part dans notre éducation et la culture d’où l’on provient.
C’est pour cette raison que je crois très important d’ouvrir notre enfant à l’art le plus rapidement possible, question qu’il puisse très jeune ouvrir ses horizons. Et puis bon, personnellement, j’aime bien plus l’oeuvre de Picasso que celle de Monet. Je dois être encore un enfant dans l’âme…….
L’instinct brutalisé
Publié par papaneprechepas dans Uncategorized le juillet 22, 2011
Je ne sais pas si vous étiez dans la même situation que moi avant la naissance de votre enfant, mais pour ma part, je lisais plusieurs livres sur l’enfance, la grossesse, la naissance, les deux premières années de bébé, etc, etc. Et bien franchement, je ne peux pas dire en avoir retiré grand chose! Premièrement, ils se contredisent tous un après l’autre. Et bien souvent ils tombent dans le moralisme de bas-étage qui ne sert qu’à exacerber un sentiment de culpabilité chez le parents. “Ho merde, je ne devrais pas faire ça?”, “Ha oui ça, c’est vrai, je ne le fais pas assez”. Et on s’équipe de plein de machins trucs pas possible (et surtout pas très utiles au final) en prévision de telle ou telle chose.
Je ne dis pas que j’ai rien appris. Il y a des petits détails importants qu’il faut savoir….mais qu’on va nous dire au moins une dizaine de fois entre le début de la grossesse et la naissance. Et c’est certes rassurant. Parfois quand on ne sait pas trop, on va fouiller dans un chapitre d’un livre et hop, on trouve la réponse.
Ce qui me dépasse dans tout ça, c’est plutôt l’énorme sentiment d’insécurité qui en émane. Doutons-nous vraiment à ce point de nos aptitudes parentales? Ça fait des milliers d’années qu’on élève des enfants, et pourtant les Grecs n’avaient pas le “livre du parfait parent” sur leur table de chevet.
Il me semble qu’il y a quelque chose de très instinctif dans l’éducation des enfants. Et c’est instinct (comme dans bien d’autres sphères de la vie), à force de nous faire dire par tous les pédiatres, psychologues, orthopédagogues et compagnie, comment élever nos enfants, nous sommes en train de le perdre…